Véritable laboratoire d'expérimentations multimédia, le RIAM conjugue depuis 5 ans cette passion de la découverte d'artistes inclassables et la diffusion d'un art encore trop cantonné à un public élitiste.
Grâce à leur rendez-vous comme le Riam Visions 6 ou le Riam Sonic 4, ils nous font découvrir par le biais de leurs programmations un nouvel art visuel et auditif en utilisant des technologies auxquelles on ne pense pas forcement quand on s'interroge sur l'art contemporain. Et si l'art, c'était aussi une combinaison de 0 et de 1, un ingénieur peut-il être un artiste, à chaque question le Riam essaie d'apporter une réponse dans sa démarche de découverte d'un monde technologique et artistique en pleine mutation. En attendant cette révolution culturelle, c'est à nos questions qu'ils ont bien voulu répondre.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire ce qu'est le RIAM ?
Les Rencontres Internationales des Arts Multimédia (RIAM) ont été crées en 2004 et depuis favorisent la présentation de projets artistiques qui s'approprient différents outils technologiques et qui ne trouvent pas ou peu de place dans les circuits de diffusion établis.
Qu'elles sont vos motivations et vos démarches en ce qui concerne la promotion de l'art multimédia ?
Les RIAM ont toujours préféré soutenir directement la production d'oeuvres nouvelles des artistes invités, cherchant à fonctionner plus comme un laboratoire de création que comme une simple vitrine de promotion. Notre travail de diffusion est indissociable du désir de trouver les moyens financiers adequats pour le travail des artistes, dont la plupart fait face à une certaine précarité.
Comment ce fait la sélection des artistes que vous souhaitez mettre en avant dans vos expos ?
Notre sélection s'établit à partir de recherches autant sur internet, que dans d'autres festivals, expositions et manifestations artistiques. Cela s'accompagne d'une attention particulière aux diplômés des écoles d'art à travers des visites d'atelier.
Comment se porte le marché de l'art contemporain et par extension multimédia en ce moment ?
Bon, soyons clairs, en France le marché de l'art est extrêmement réduit en dehors de Paris. Les collectionneurs informés se comptent par les doigts d'une main à Marseille et préfèrent acheter dans des foires internationales. De toute façon, notre rôle n'est pas de chercher à vendre les oeuvres mais de soutenir des projets artistiques dans la durée, qu'il soit auprès des institutions ou des critiques. L'art multimédia a toujours été difficilement assimilable par le marché, même si désormais il y a des foires plus spécialisés (comme Loop à Barcelone pour la vidéo, ou des sections parallèles des foires plus connues).
Pouvez-vous nous parler de vos influences artistiques qu'elles soient graphiques, cinématographiques ou musicales ?
Notre intérêt se porte autant sur la high que sur la low culture. Les avant-gardes du début du 20éme siècle jusqu'aux situationnistes . Et aussi le cinéma expérimental et les musiques, de la plus savante à la plus subversive.
Quel est pour vous la meilleure définition d'un art en pleine mutation comme l'est de nos jours l'art multimédia ?
Le propre des artistes est de toujours chercher à sortir des cases et des définitions trop restreintes. Disons que certains artistes s'intéressent aux technologies qui sont en train de bouleverser notre rapport au monde et ils y trouvent un puissant outil pour inventer des formes et réfléchir à l'environnement dans lequel on vit.
Depuis maintenant 10 ans que vous essayez de promouvoir l'art multimédia, qu'est-ce qui à réellement changé depuis le début ?
Au delà de l'art, ce qui a le plus changé pendant ce temps là, a été notre rapport quotidien aux technologies de l'information. Les artistes ont évidemment accompagné ce mouvement, avec des visions parfois opposées: entre la célébration parfois naïve des nouvelles possibilités techniques et le regard critique sur la façon comme ces nouveaux outils façonnent le monde.
Vos projets à court et long terme ?
Le développement de rendez-vous en dehors du festival et du secteur de l'édition (avec la sortie prochaine du DVD des Servovalve).
Marseille 2013 capitale culturelle européenne, ça vous inspire quoi ?
C'est une opportunité majeure que la Ville ne peut pas se permettre de rater. Pour l'instant, on est dans un certain flou par rapport au rôle accordé aux associations culturelles dans le projet. Néanmoins, nous fourmillons d'idées et sommes déjà en train d'organiser une proposition cohérente qui devrait rassembler les énergies de plusieurs structures associatives.
Pour finir : 3 artistes qui vous ont scotché récemment ?
Trois plasticiens: Aurélien Froment, Ulla von Brandenbourg, Amy Granat.
Trois musiciens: Venetian Snares, DJ Sniff, Caspa.
Vous voulez dire quelque chose à quelqu'un, et bien c'est le moment.
Et bien, face aux dernières réductions budgétaires de la part de la Ville concernant les associations culturelles, nous souhaitons plus de dialogue avec les partenaires et peut-être aussi plus de solidarité entre les acteurs culturels. United we can!
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